Mon avis après avoir demandé pardon à mes enfants

mai 26, 2026

Dans mon salon de la région de Clermont-Ferrand, avec la bouilloire qui siffle et le lave-vaisselle qui tourne, j’ai crié trop vite un soir. Ma fille de 5 ans s’est figée, et mon fils de 8 ans a levé les yeux sans bouger. C’est là que j’ai compris une chose simple : demander pardon à ses enfants ne vaut quelque chose que si la suite change vraiment.

Le soir où sa question m’a arrêtée

Ce soir-là, il y avait une pile de manteaux sur une chaise, un camion rouge sous la table et un cahier ouvert dans l’entrée. Ma fille parlait en même temps que son frère passait dans le couloir. J’étais fatiguée, pressée, et j’ai monté le ton. J’ai dit pardon presque aussitôt. Sur le moment, ça m’a semblé correct. En réalité, c’était surtout rapide.

Je me suis accroupie pour lui dire que j’avais crié trop fort. Elle n’a pas demandé un grand discours. Elle m’a seulement demandé : « Tu vas refaire pareil ? ». Cette phrase m’a arrêtée net. Elle ne cherchait pas une excuse. Elle voulait savoir si la maison allait redevenir la même dans les 5 minutes suivantes.

Le détail qui m’a le plus frappée, c’est sa main posée sur mon avant-bras. Puis son regard est allé vers la porte du couloir. Elle vérifiait le climat de la pièce, pas mon intention. À 5 ans, elle testait ma cohérence.

Florence Baschet, rédactrice spécialisée en parentalité et accompagnement des aidants depuis 10 ans, je vois plusieurs fois ce même décalage dans les récits que je lis pour un magazine indépendant. À Clermont-Ferrand comme ailleurs, les familles ne cherchent pas un mot parfait. Elles cherchent un adulte qui tient sa place après l’erreur.

Ce qui marche quand je m’excuse vraiment

Quand l’enfant a 5 ans, une excuse courte marche mieux qu’une explication longue. Je dis : « Je me suis emportée. Ce n’était pas juste. » Puis je me tais. Je baisse le volume, je relâche les épaules, et j’attends un peu avant de reparler. Cette pause compte plus que le texte.

je me suis rendue compte d’un autre point : le ton doit suivre les mots. Si je m’excuse tout en restant raide, l’enfant entend l’inverse de ce que je dis. Dans ces moments-là, je préfère un pardon bref, un geste calme, puis une vraie reprise du lien. Un verre d’eau posé sur la table, une voix plus basse, un retour au jeu : ce sont des réparations visibles.

Le piège, c’est la phrase du type : « Si je t’ai blessée… ». J’ai longtemps cru que cela adoucissait les choses. En pratique, cela brouille la reconnaissance de ce qui s’est passé. Je préfère dire : « Je me suis trompée » ou « Je me suis emportée ». C’est plus net, et l’enfant n’a pas besoin de me rappeler que j’ai crié.

Ce qui m’a surprise, c’est que ma fille a repris cette formule quelques jours plus tard avec son frère, pendant une dispute de jouet. Elle a dit : « Je me suis trompée », puis elle s’est arrêtée. Pas de grand effet, pas de scène. Mais le modèle avait déjà été intégré. Pour elle, le pardon servait de repère concret, pas de mot poli.

Là où ça coince chez moi

Mon pire essai, c’était un pardon lancé entre deux portes, encore sous tension. J’étais déjà dans le couloir, manteau à moitié fermé, téléphone dans la main. J’ai dit pardon pour filer plus vite. Elle s’est raidie tout de suite. Ce genre d’excuse ferme la scène au lieu de la réparer.

J’ai aussi commis l’erreur de trop parler. Je me suis mise à détailler ma fatigue, la journée, les urgences, la charge mentale. Elle regardait le sol et ne répondait plus. À ce moment-là, je déplaçais le poids sur elle. Elle n’avait pas besoin d’un dossier complet. Elle avait besoin d’un adulte stable.

Je garde aussi une limite claire. Si l’enfant se bloque, se replie plusieurs jours ou montre des signes d’angoisse répétés, je ne fais pas comme si un simple pardon suffisait. Je préfère demander un avis à un pédiatre ou à un psychologue d’enfants. À ce niveau-là, mon rôle de rédactrice s’arrête, et je le dis franchement.

Il y a eu un autre moment très parlant. Après mon excuse, ma fille a refusé le câlin tout de suite. Cinq minutes plus tard, elle est revenue avec un livre rose sous le bras, comme si la scène s’était déplacée d’elle-même. J’ai compris que sa reprise venait à son rythme, pas au mien. Chez elle, le retour au calme passait par un objet banal, pas par mes bras.

À qui je le conseille vraiment

Pour qui oui

Je le conseille aux parents qui vivent des scènes tendues au coucher, au départ de l’école ou pendant les disputes entre frère et sœur. Avec 2 enfants, surtout à 5 ans et 8 ans, une excuse simple aide à poser une règle claire. C’est utile aussi si vous acceptez d’attendre 5 minutes avant d’exiger un câlin ou une réponse.

Je le conseille encore plus quand la même scène revient 3 fois dans la semaine. Là, le pardon n’est pas un slogan. C’est un outil de réparation, à condition qu’il soit suivi d’un vrai changement de ton et d’une posture plus calme. Je pense aussi aux parents qui n’aiment pas les grands discours et préfèrent des gestes visibles.

Pour qui non

Je le déconseille aux adultes qui veulent un câlin immédiat après chaque erreur. L’enfant de 5 ans voit très vite quand les mots ne sont pas suivis d’un geste cohérent. Je le déconseille aussi à ceux qui se justifient à chaque fois avec « j’étais fatiguée » ou « tu m’as provoquée ». Là, l’excuse perd sa force.

Je reste prudente si la scène se répète tous les soirs et que l’enfant semble en plus fermé. Dans ce cas, un pardon ne règle pas tout à lui seul. je dois par moments changer de relais, prendre un avis extérieur ou revoir le cadre. Pour moi, c’est non quand l’excuse sert seulement à fermer la porte.

Mon verdict est net : oui, demander pardon à ses enfants a du sens, surtout après 5 ans, si l’on corrige vraiment ce qui suit. À Clermont-Ferrand, entre la Place de Jaude et le Parc Montjuzet, je le recommande aux parents qui acceptent de baisser le ton, de patienter 5 minutes et de réparer sans théâtre. Sinon, le mot perd sa valeur très vite. Et l’enfant le comprend immédiatement.

Florence Baschet

Florence Baschet publie sur le magazine APATD des contenus consacrés à la parentalité, à la santé familiale et à l’accompagnement des aidants. Son approche repose sur la clarté, la structuration des informations et la recherche de repères utiles pour aider les lecteurs à mieux comprendre les situations du quotidien.

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